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Sommaire

Introduction

Chaque poème d’Une vie mortelle née d’une pensée est un ci. Cette introduction reprend tout depuis le début : ce qu’est un ci, ce qu’est un cipai, d’où il vient, comment en lire le schéma et comment écrire un poème sur cet air, et quelle place il tenait dans la vie d’autrefois. Après l’avoir lue, les poèmes n’en ont que plus de saveur.

Le ci : une poésie que l’on chante

Une image pour commencer : le poème classique shi se déclame, le ci se chante. Apparu sous les Sui et les Tang (581–907), le ci a connu son apogée sous les Song du Nord et du Sud (960–1279) ; il s’agissait, à l’origine, de paroles faites pour être chantées sur une musique. Dans un ci, l’air vient d’abord, les mots ensuite : en suivant la longueur des phrases musicales et la hauteur des notes, on « remplit » l’air de caractères, un à un.

Le ci porte bien des noms, et chacun en éclaire une facette :

  • Quzi ci (« paroles d’airs ») : c’est ainsi qu’on le nommait sous les Tang et les Cinq Dynasties ; le mot signifie tout simplement « les paroles d’une chanson ». Les manuscrits de cette époque découverts à Dunhuang en conservent un grand nombre, d’origine populaire.
  • Yuefu et yuezhang (« chansons », « pièces musicales ») : parce qu’il se chante en musique, le ci prolonge la tradition des yuefu, les chansons des Han et des Wei. Les poètes Song donnaient volontiers ces noms à leurs propres recueils, comme le Dongpo yuefu (Chansons de Dongpo) de Su Shi ou le Yuezhang ji (Recueil de pièces musicales) de Liu Yong.
  • Changduanju (« vers longs et courts ») : les vers du shi sont le plus souvent réguliers, de cinq ou de sept caractères ; ceux du ci s’allongent et se raccourcissent, dans un désordre harmonieux. Le recueil de Qin Guan s’intitule d’ailleurs Huaihai jushi changduanju (Vers longs et courts du lettré retiré de Huaihai).
  • Shiyu (« le surplus de la poésie ») : appellation répandue à partir des Song du Sud ; elle désigne ce que le poète écrit en marge de ses poèmes shi, non sans une pointe de modestie.
  • Yisheng et tianci (« s’appuyer sur la mélodie », « remplir de mots ») : ces noms décrivent la manière d’écrire — on prend appui sur l’air et l’on y glisse les mots.

Le cipai : le nom d’un air

L’air sur lequel on écrit un ci porte un nom : c’est le cipai (littéralement « étiquette du ci »), qu’on appelle aussi cidiao (« air du ci ») ou tiaoming (« nom de l’air »).

Une image : un cipai ressemble à la mélodie d’une chanson à succès. Sur une même mélodie, on peut écrire des paroles très différentes ; les mots changent, l’air reste le même. Il ressemble aussi à une feuille quadrillée déjà tracée : le nombre de parties, de vers par partie et de caractères par vers, les cases qui doivent rimer, celles qui demandent un ton plan ou un ton oblique (nous verrons plus loin ce que recouvrent ces mots), tout est fixé d’avance ; il ne reste qu’à écrire dans les cases.

Un cipai fixe pour l’essentiel les éléments suivants :

  • le nombre de parties : une partie de ci s’appelle pian, « strophe » ; un ci d’une seule strophe est dit dandiao (« air simple »), la forme en deux strophes est la plus courante, et il en existe aussi en trois ou quatre ;
  • le nombre de vers, le nombre de caractères de chaque vers et la place des pauses à l’intérieur du vers ;
  • la place des rimes, leur ton, plan ou oblique, et un éventuel changement de rime en cours de route ;
  • le ton, plan ou oblique, de chaque caractère, et les positions où une certaine liberté est permise.

Un même cipai porte souvent plusieurs noms : c’est ce qu’on appelle « un air, plusieurs noms ». La plupart ont été forgés plus tard à partir d’un vers d’un poème célèbre : Nian Nu Jiao s’appelle aussi Da Jiang Dong Qu (« Le grand fleuve coule vers l’est ») ou Lei Jiang Yue (« Libation à la lune sur le fleuve »), deux noms tirés du même poème de Su Shi. À l’inverse, des airs différents peuvent partager un même nom : « un nom, plusieurs airs ». Enfin, un cipai connaît souvent plusieurs formes légèrement différentes, que les répertoires appellent youyiti, « encore une autre forme ».

L’ossature d’un ci

  • Pian (strophe) : une partie du ci, qu’on appelle aussi que, bian ou die. Un ci d’une seule strophe est dit dandiao, comme Shi Liu Zi Ling ou Yi Jiang Nan ; la forme en deux strophes, la plus courante, est traditionnellement appelée shuangdiao (« air double ») ; il existe aussi des airs longs en trois ou quatre strophes, et le plus long de tous, Ying Ti Xu, en compte quatre, pour deux cent quarante caractères. Parmi les plus brefs, une forme de Zhu Zhi n’a que deux vers et quatorze caractères, et Shi Liu Zi Ling (« Air en seize caractères ») n’en a que seize.
  • Que : un ci entier se dit aussi « un que » ; la première et la seconde strophe, shangpian et xiapian, se disent aussi shangque et xiaque.
  • Xiaoling, zhongdiao, changdiao : sous les Ming, on classa les ci selon leur nombre de caractères, et Mao Xianshu, sous les Qing, en fixa les limites : jusqu’à cinquante-huit caractères, c’est un xiaoling (« petit air ») ; de cinquante-neuf à quatre-vingt-dix, un zhongdiao (« air moyen ») ; à partir de quatre-vingt-onze, un changdiao (« air long »), qu’on appelle aussi manci (« ci lent »). Ce n’est qu’une classification approximative : les diverses formes d’un même cipai franchissent souvent ces limites.
  • Huantou (« tête changée ») : quand les premiers vers de la seconde strophe diffèrent de ceux de la première, on parle de huantou, ou encore de guopian (« passage de strophe »). C’est souvent là que le sens du poème prend un tournant, comme une chanson qui, en abordant le deuxième couplet, change de manière.
  • Lingzi (« mot qui mène ») : dans les airs longs, un seul caractère vient souvent introduire plusieurs vers, comme jiàn, « peu à peu », dans le Ba Sheng Gan Zhou de Liu Yong : « Peu à peu le vent de givre se fait âpre et pressant, les passes et les fleuves sont froids et déserts, la dernière lueur du couchant frappe la tour. » Le lingzi est le plus souvent au ton partant (l’un des quatre tons, présentés plus loin), qui sonne avec force, comme un temps fort dans une phrase musicale.
  • Vers répétés : certains cipai exigent la répétition d’un vers ou de quelques caractères, par exemple « comme un rêve, comme un rêve » dans Ru Meng Ling (« Comme un rêve »), ou le « erreur, erreur, erreur ! » qui clôt Chai Tou Feng (« Le phénix de l’épingle à cheveux »).

Ci, shi et qu : différences et styles

Ce qui distingue le ci du shi

  • Les vers : le shi est le plus souvent en vers réguliers de cinq ou sept caractères ; dans le ci, la longueur des vers suit l’air, d’un seul caractère à une dizaine ou davantage.
  • La rime : le poème régulier, ou lüshi, ne rime d’ordinaire que sur le ton plan, avec une seule rime du début à la fin ; dans le ci, la place des rimes dépend du cipai, la rime peut être plane ou oblique, et elle peut changer en cours de route.
  • La structure : le ci se divise en strophes et connaît le huantou, les lingzi et les vers répétés (présentés plus haut), que le shi ignore.
  • La voix : le shi peut se psalmodier, le ci était à l’origine chanté en musique. Les anciens disaient : « le shi est grave, le ci est charmeur ». Le shi exprime volontiers, avec dignité, des aspirations ; le ci excelle à dire les émotions les plus fines et les plus secrètes.

Ce qui distingue le ci du qu

Le ci et le qu sont proches parents : ils se ressemblent, mais n’ont pas le même tempérament.

  • Le qu peut ajouter, en dehors du schéma prosodique, des chenzi, des « mots de remplissage » qui rendent le chant plus proche de la parole, plus vif ; le ci n’en ajoute généralement pas. Wan Shu, sous les Qing, le résume ainsi : « Le qu a des mots de remplissage, le ci n’en a pas. »
  • Le qu peut enchaîner, au sein d’un même mode musical, plusieurs airs en une suite, pour dérouler une histoire ; le ci forme le plus souvent une pièce indépendante.
  • Le qu rime plus serré et parle une langue plus familière et plus directe ; le ci cultive la suggestion et la retenue.
  • Le qu se chante encore aujourd’hui, dans l’opéra kunqu et d’autres théâtres, et ses qupai restent des airs vivants ; les partitions du ci des Song se sont pour la plupart perdues, et les cipai se transmettent désormais surtout comme des formes prosodiques écrites.

Wanyue et haofang : la retenue et l’ampleur

Zhang Yan, sous les Ming, a rangé les ci en deux grandes manières : wanyue, « délicate et retenue », et haofang, « ample et libre ». La première, suggestive et tendre, chante surtout les séparations, l’amour au loin et le sentiment de sa propre destinée ; Liu Yong, Qin Guan et Li Qingzhao en sont les figures majeures. La seconde, aux vastes horizons, chante les monts et les fleuves, la méditation sur le passé et les grandes ambitions ; Su Shi et Xin Qiji en sont les figures majeures. Ce n’est qu’un partage approximatif : bien des poètes ont manié les deux pinceaux.

Des yuefu au ci, puis au qu : à chaque époque ses chansons

La poésie chinoise a toujours cheminé avec la musique. On peut le voir ainsi : les yuefu étaient les chansons en vogue des Han, des Wei et des Six Dynasties, le ci celles des Tang et des Song, le qu celles des Yuan et des Ming. Chaque époque a ses chansons, et sa manière d’en écrire les paroles.

  • Avant les Qin : les quelque trois cents pièces du Shijing (Classique des vers) pouvaient toutes, à l’origine, être chantées.
  • Les Han : l’empereur Wu fonda le Bureau de la musique, le yuefu, chargé de recueillir les chansons des différentes régions et de les mettre en musique ; ces textes sont appelés poèmes yuefu. Plus tard, poésie et chanson se séparèrent peu à peu : ce qui se chantait garda le nom de yuefu, ce qui se lisait seulement prit celui de shi.
  • Les Sui et les Tang : les musiques venues des Régions de l’Ouest, c’est-à-dire de l’Asie centrale, se mêlèrent à l’ancienne musique de la plaine centrale pour donner le yanyue, la « musique de banquet » (dont le nom s’écrit de deux façons), et les airs nouveaux se multiplièrent. Musiciens et lettrés se mirent à placer des mots sur la mesure de ces airs, et les vers prirent la longueur inégale des phrases musicales : le ci était né. L’empereur Xuanzong des Tang créa le Jiaofang, l’office chargé de la musique profane du palais ; parmi les quelque trois cents titres d’airs consignés par Cui Lingqin dans son Jiaofang ji (Notes sur le Jiaofang), beaucoup devinrent ensuite des cipai, tels Pu Sa Man, Xi Jiang Yue ou Ding Feng Bo.
  • La fin des Tang et les Cinq Dynasties : Wen Tingyun écrivit des ci en grand nombre ; sous les Shu postérieurs, Zhao Chongzuo compila le Huajian ji (Parmi les fleurs, 940), qui réunit cinq cents ci de dix-huit poètes : c’est la plus ancienne anthologie de ci lettrés qui nous soit parvenue. Li Yu, souverain des Tang du Sud, versa dans ses ci la douleur de son royaume perdu, et l’horizon du ci s’en trouva élargi.
  • Les Song du Nord : Liu Yong écrivit surtout des airs longs au tempo lent, les manci, chantés partout ; Su Shi fit entrer dans le ci l’esprit du shi et en tira le souffle épique du poème « Le grand fleuve coule vers l’est » ; Zhou Bangyan était un maître de la musique. Sous l’empereur Huizong, la cour créa le Dasheng fu, un bureau chargé de mettre en ordre le répertoire musical ; le nombre d’airs dépassa alors les deux cents, et le ci connut son âge d’or.
  • Les Song du Sud : Xin Qiji fit du ci la voix de ses ambitions pour le pays ; Jiang Kui composait lui-même ses musiques et a laissé dix-sept ci accompagnés de leur notation musicale, une source précieuse pour qui étudie aujourd’hui la musique du ci des Song. À la fin des Song du Sud, les partitions du ci se perdirent peu à peu.
  • Les Yuan et les Ming : une musique nouvelle née dans le Nord, avec les sanqu (chansons libres) et le zaju (théâtre chanté), prit le relais du chant. Ces genres reposent sur des qupai, des « étiquettes d’airs » dont beaucoup portent directement des noms de cipai.
  • Les Qing : le ci connut une nouvelle renaissance. Wan Shu compila le Cilü (Règles du ci) ; Wang Yiqing et d’autres, sur ordre de l’empereur Kangxi, établirent le Qinding cipu (Répertoire impérial des airs du ci), qui recense 826 airs et 2 306 formes ; Ge Zai compila le Cilin zhengyun (Rimes correctes pour le ci). Les règles de la composition furent ainsi consignées dans des livres que l’on utilise encore aujourd’hui.

D’où viennent les cipai

Les quelque quatre cents cipai d’usage courant ont, pour l’essentiel, les origines suivantes :

  • Les airs de la cour et du Jiaofang : beaucoup de cipai étaient à l’origine des airs du Jiaofang des Tang. Ainsi Pu Sa Man (« Les bodhisattvas barbares ») : selon la tradition, sous l’empereur Xuanzong (846–859, à ne pas confondre avec son homonyme du VIIIe siècle), le royaume de Nüman envoya une ambassade à la cour ; ses envoyés portaient de hauts chignons, des couronnes d’or et des colliers de pierreries sur tout le corps, si bien qu’on les surnomma « la troupe des bodhisattvas barbares ». Les musiciens de la cour en tirèrent un air nouveau.
  • Les chansons populaires : Zhu Zhi (« Branches de bambou ») était à l’origine un chant populaire de la région de Ba et Yu, autour de l’actuel Chongqing ; l’Ai Nai Qu (« Chant des rames ») de ce recueil remonte à Yuan Jie, poète des Tang qui, en poste à Daozhou, l’écrivit à l’imitation des chants des bateliers.
  • Un vers célèbre : un vers du tout premier poème écrit sur l’air lui donne son nom. Yi Jian Mei (« Une branche de prunier coupée ») vient du vers de Zhou Bangyan « une branche de prunier coupée, mille grâces » ; le Qiu Ye Yue de ce recueil vient de deux passages d’un ci de Yin E, poète des Cinq Dynasties : « la belle fête d’automne » et « nuit profonde, quelques rayons obliques de lune traversent la fenêtre ».
  • Personnages, histoires et lieux : Nian Nu Jiao (« La grâce de Niannu ») tient son nom de Niannu, chanteuse célèbre des Tang ; Gan Zhou, Yi Zhou et Liang Zhou étaient de grandes suites musicales portant le nom de préfectures des marches du Nord-Ouest.
  • Les airs composés par les lettrés eux-mêmes : des poètes versés dans la musique composaient leurs propres airs et leur donnaient un nom, comme Yang Zhou Man, An Xiang, Shu Ying et Qi Liang Fan de Jiang Kui.
  • Un nom ancien pour une musique nouvelle : on reprenait un titre d’air des yuefu des Six Dynasties ou d’une époque antérieure pour une mélodie nouvelle ; Wu Ye Ti (« Le corbeau crie dans la nuit ») était ainsi un ancien titre de yuefu des Dynasties du Sud.
  • Un extrait de grande suite : les daqu, grandes suites musicales des Tang et des Song, étaient très longues ; on en détachait une section pour en faire un air à part entière. Shui Diao Ge Tou provient ainsi du début de la grande suite Shui Diao.
  • Une variation sur un air existant : en ajoutant ou en retranchant des caractères, en changeant la mesure ou le mode, on obtenait un air nouveau, dont le nom porte souvent une marque — c’est l’objet de la section suivante.

Les caractères des noms d’airs

Commençons par un terme courant : le gongdiao. C’est le mode d’un air ancien, un peu comme on parle aujourd’hui de do majeur ou de la mineur ; le mode auquel appartient un air en détermine la hauteur et la couleur.

Le nom d’un air se termine souvent par un caractère qui en indique en quelque sorte le « modèle » : sa longueur, son rythme ou l’air dont il dérive.

CaractèreSensExemples
令 (lìng)Air bref. Dans les banquets des Tang, on chantait un air pour chaque tournée de vin : un air, un ling.Ru Meng Ling, Shi Liu Zi Ling
引 (yǐn)Un petit air existant, étiré pour devenir une mélodie nouvelle.Qian Qiu Sui Yin
近 (jìn)Abréviation de jinpai ; longueur intermédiaire entre le ling et le man.Zhu Ying Tai Jin, Guo Lang Er Jin Pai
慢 (màn)Air long, au tempo lent et aux vers étendus.Sheng Sheng Man, Yang Zhou Man, Tan Chun Man
犯 (fàn)L’air passe en cours de route dans un autre mode, ou enchaîne des phrases musicales empruntées à plusieurs airs.Qi Liang Fan, Si Fan Jian Mei Hua
摊破 (tān pò)Des caractères sont ajoutés à l’air d’origine, pour allonger une phrase musicale ou en changer la forme.Tan Po Huan Xi Sha
减字 (jiǎn zì), 偷声 (tōu shēng)Le nombre de caractères diminue, certaines syllabes disparaissent.Jian Zi Mu Lan Hua, Tou Sheng Mu Lan Hua
促拍 (cù pāi)La mesure s’accélère.Cu Pai Cai Sang Zi
转调 (zhuǎn diào)L’air entier est transposé dans un autre mode.Zhuan Diao Er Lang Shen
歌头 (gē tóu), 摘遍 (zhāi biàn)Section tirée d’une grande suite : getou en reprend le début, zhaibian en détache un mouvement.Shui Diao Ge Tou, Liu Zhou Ge Tou, Bo Mei Zhai Bian

Quelques caractères des noms d’airs sont souvent mal prononcés : 乐, quand il désigne la musique, se lit yuè, comme dans Qing Bei Yue et Sheng Ping Yue ; dans Geng Lou Zi, 更 désigne les veilles de la nuit et se lit gēng ; dans Shui Diao Ge Tou, 调 désigne l’air et se lit diào ; dans Liu Yao Ling, 幺 se lit yāo.

Nom de l’air et sujet : du poème écrit sur le titre à l’air emprunté

Le lien entre le nom d’un cipai et ce que dit le poème peut être étroit ou lâche, et il a évolué au fil du temps.

Au début, le nom de l’air était le sujet. Sous les Tang et les Cinq Dynasties, on écrivait le plus souvent d’après le titre de l’air. Huang Sheng, sous les Song du Sud, le note dans son Hua’an cixuan (Anthologie de ci de Hua’an) : « Les ci des Tang étaient pour la plupart composés sur leur titre : Lin Jiang Xian (L’immortel au bord du fleuve) parlait des immortels, Nü Guan Zi (La prêtresse taoïste) disait les sentiments de la vie taoïste, He Du Shen (Le dieu du fleuve) chantait les temples. » Un ci qui traite ainsi du sens premier de son air est dit benyi, « sens d’origine ». C’est un peu comme « Joyeux anniversaire », une chanson faite dès le départ pour être chantée le jour d’un anniversaire.

Puis le nom de l’air et le contenu se sont peu à peu séparés. Quand un bel air se répandait, on s’en servait pour dire d’autres choses ; Huang Sheng poursuit : « Par la suite, cela changea peu à peu, et l’on s’éloigna du titre. » Comme une mélodie émouvante sur laquelle bien des gens écrivent de nouvelles paroles, et qui depuis longtemps ne raconte plus l’histoire d’origine. Pour qu’on sache de quoi parle un poème, les poètes Song prirent l’habitude d’ajouter après le nom de l’air un titre ou une courte préface. Su Shi place ainsi en tête de son Shui Diao Ge Tou : « À la mi-automne de l’année bingchen (1076), j’ai bu joyeusement jusqu’à l’aube ; complètement ivre, j’ai écrit ce poème, en pensant aussi à Ziyou. » Ziyou était son frère cadet.

Séparés, mais pas sans rapport. Un air porte en lui une émotion, et le poète averti choisit le sien comme on se garderait d’accompagner un faire-part de mariage d’une marche funèbre : les élans héroïques et tragiques se disent volontiers sur Man Jiang Hong ou Liu Zhou Ge Tou, la tendresse des séparations sur Yi Jian Mei ou Yu Lin Ling. Beaucoup cherchent aussi, à dessein, un écho entre le nom de l’air et le sens du poème, et laissent ce nom donner d’emblée sa couleur au texte.

Ce recueil suit la même voie : le nom de l’air et le sens du poème se répondent souvent, et après le point médian « · » vient un titre qui précise le moment ou l’événement dont parle le poème. Ainsi, dans Qiu Ye Yue · Avant la première lueur, Qiu Ye Yue (« Lune d’une nuit d’automne ») déploie la nuit d’automne et le clair de lune, tandis qu’« Avant la première lueur » resserre le cadre sur l’instant où le jour va poindre sans être encore levé. On peut voir dans le nom de l’air le titre d’une chanson, et dans le titre qui suit celui d’une interprétation particulière.

Le rôle et l’influence des cipai autrefois

  • Pour chanter : banquets, adieux, fêtes saisonnières, anniversaires — en toutes ces occasions, on faisait chanter les ci sur leur air. Ye Mengde, sous les Song, rapporte que les ci de Liu Yong s’étaient répandus au point que « partout où l’on boit l’eau d’un puits, on sait chanter les ci de Liu Yong », comme ces chansons à succès qu’on entend aujourd’hui où que l’on aille.
  • Pour échanger : la forme d’un cipai étant fixe, des amis pouvaient se répondre sur le même air et sur les mêmes rimes, et la postérité dialoguer avec ses devanciers à plusieurs siècles de distance. Xin Qiji et Chen Liang échangèrent ainsi plusieurs ci sur l’air He Xin Lang.
  • Pour donner le ton : chaque air a sa couleur affective ; choisir un cipai, c’est déjà fixer la tonalité émotionnelle d’un poème.
  • Pour faire règle : une fois les partitions perdues, les cipai sont devenus des formes prosodiques écrites ; génération après génération, on a composé d’après les schémas, et c’est ainsi que le ci s’est perpétué jusqu’à nous.
  • Pour garder la mémoire : les noms de cipai forment à eux seuls un petit musée, où l’on croise une troupe de danse de la cour des Tang (Pu Sa Man), une chanteuse célèbre (Nian Nu Jiao), les marches du Nord-Ouest (Gan Zhou, Yi Zhou), des chansons populaires (Zhu Zhi) et des histoires de lettrés. Lire le nom d’un air, c’est aussi lire un fragment du passé.
  • Pour ouvrir la voie : les sanqu et le zaju des Yuan et des Ming, puis l’opéra kunqu, se chantent sur des qupai dont le système hérite directement des cipai.

Tons plans et tons obliques : les quatre tons

Le chinois ancien comptait quatre tons : píng (plan), shǎng (montant), qù (partant) et rù (rentrant). Le ton plan forme à lui seul une catégorie, appelée píng ; les trois autres sont réunis en une seconde catégorie, appelée zè, « oblique ». Une image : le ton plan est une note que l’on tient en chantant, égale et ample ; les tons obliques sont plus brefs, ils montent ou retombent. C’est de leur alternance que naissent le relief et le mouvement de la lecture.

En mandarin moderne, on peut dire en gros que le premier et le deuxième ton sont plans, le troisième et le quatrième obliques. Attention toutefois aux caractères de l’ancien ton rentrant, comme 一 (yī), 白 (bái), 竹 (zhú), 国 (guó) ou 学 (xué) : le mandarin les prononce aujourd’hui sur un ton plan, mais selon la prononciation ancienne ils comptent comme obliques. Qui compose selon les rimes anciennes doit vérifier chaque caractère ; qui compose selon les rimes nouvelles s’en tient à la prononciation du mandarin.

Le ci est plus exigeant sur les tons que le poème régulier. Le lüshi se contente le plus souvent d’opposer plan et oblique ; le ci, à certaines positions clés, distingue en outre le ton montant du ton partant. Les poètes de la lignée de Zhou Bangyan, Jiang Kui et Wu Wenying y étaient particulièrement attentifs, car ces caractères doivent épouser la montée et la descente de la mélodie.

La rime

Rimer, c’est placer aux endroits prévus des caractères dont la finale (yunmu, la partie de la syllabe qui suit la consonne initiale) est identique ou voisine, pour qu’ils se répondent, comme ce son qui revient sans cesse dans une chanson.

  • La place des rimes dépend du cipai : certains riment à chaque vers, d’autres seulement tous les deux ou trois vers.
  • Rimes planes et rimes obliques : certains cipai riment sur le ton plan, comme Shi Liu Zi Ling ou Huan Xi Sha ; d’autres sur le ton oblique, comme Man Jiang Hong ou Yu Lin Ling ; d’autres encore font alterner les deux, comme Ding Feng Bo et Qing Ping Yue, que ce recueil a employés.
  • Rimes au ton rentrant : certains cipai riment de préférence sur des caractères au ton rentrant, comme Man Jiang Hong, Nian Nu Jiao ou Yu Lin Ling, ce qui leur donne une sonorité brève et vigoureuse. Le mandarin n’a plus de ton rentrant : quand on compose sur ces airs selon les rimes nouvelles, on choisit les rimes d’après la prononciation actuelle.
  • Changement de rime : en cours de poème, on peut passer d’un groupe de rimes à un autre ; les répertoires le signalent expressément.
  • Dans un même ci, on évite autant que possible de réemployer à la rime le même caractère.

Quel dictionnaire de rimes ? Les poètes Song n’avaient pas de rimes officielles pour le ci : ils suivaient en gros la langue parlée de leur temps, avec plus de liberté que pour le shi. Sous les Qing, Ge Zai, dans le Cilin zhengyun, répartit les rimes du ci en dix-neuf groupes ; c’est devenu le dictionnaire de rimes le plus utilisé pour composer. Aujourd’hui, on recourt aussi souvent aux rimes nouvelles : le Zhonghua xinyun (Nouvelles rimes chinoises), fondé sur le mandarin, en quatorze groupes, ou les shísān zhé, les « treize ornières », c’est-à-dire les treize groupes de rimes communs à l’opéra et aux arts du récit chanté.

Ce recueil suit les treize ornières, un système de rimes nouvelles. Chaque groupe réunit des caractères aux finales voisines, qui peuvent rimer entre eux — comme si l’on rangeait dans un même tiroir tous les mots capables de rimer ensemble :

GroupeFinalesExemple
一七 (yī qī)i、ü、er西
姑苏 (gū sū)u出
发花 (fā huā)a、ia、ua佳
梭波 (suō bō)o、e、uo坐
乜斜 (miē xié)ie、üe捏
怀来 (huái lái)ai、uai来
灰堆 (huī duī)ei、ui北
遥条 (yáo tiáo)ao、iao俏
由求 (yóu qiú)ou、iu扭
言前 (yán qián)an、ian、uan、üan南
人辰 (rén chén)en、in、un、ün人
江阳 (jiāng yáng)ang、iang、uang房
中东 (zhōng dōng)eng、ing、ong、iong东

Comment lire un schéma de ci

Un cipu, ou répertoire de schémas, donne en quelque sorte le plan quadrillé de chaque cipai : il indique le ton de chaque caractère et la place des rimes. Les signes varient d’un répertoire à l’autre ; nous suivons ici ceux du Cipai shili (Les cipai expliqués par l’exemple) :

平
Caractère au ton plan (píng)
仄
Caractère au ton oblique (zè)
平
Caractère cerclé : ton plan en principe, ton oblique admis
仄
Caractère cerclé : ton oblique en principe, ton plan admis
○
Placé sous un caractère : rime sur le ton plan
△
Placé sous un caractère : rime sur le ton oblique
●
Dans un ci entièrement rimé sur le ton plan : passage, à partir d’ici, à un nouveau groupe de rimes planes
▲
Dans un ci entièrement rimé sur le ton oblique : passage, à partir d’ici, à un nouveau groupe de rimes obliques

D’autres répertoires emploient d’autres notations : certains marquent d’un « ⊙ » ou du caractère 中 (zhōng, « milieu ») les positions où plan et oblique sont tous deux permis ; d’autres signalent la rime et le changement de rime par des caractères comme 韵 (yùn, « rime »), 叶 (xié, « rimer ») ou 换 (huàn, « changer »), et marquent par 句 (jù) et 读 (dòu) la fin du vers et la pause à l’intérieur du vers.

Dans le schéma, la ponctuation indique les pauses : virgules et points marquent les arrêts ; le signe de rime se place sous le caractère qui rime. Parcourons maintenant trois cipai du Cipai shili, du plus simple au plus complexe.

Exemple 1 — Shi Liu Zi Ling : les bases de la lecture

Le poème compte quatre vers et seize caractères ; les vers 1, 2 et 4 riment sur le ton plan :

平。

平仄平平仄仄平。

平平仄,

仄仄仄平平。

天!

休教圆蟾照客眠。

人何在?

桂影自婵娟。

Cai Shen (dynastie Song)

Lisons en parallèle : le premier vers n’a qu’un caractère, au ton plan, et il rime ; le deuxième en compte sept, dont le premier et le cinquième sont libres ; le troisième, « plan, plan, oblique », ne rime pas ; au quatrième, le premier caractère est libre et le dernier rime. Les trois caractères 天 (tiān, « ciel »), 眠 (mián, « dormir ») et 娟 (juān, « gracieuse ») de Cai Shen tombent exactement sur les trois places de rime.

Exemple 2 — Pu Sa Man : rimes planes et obliques en alternance

Air double : deux strophes de quatre vers chacune, quarante-quatre caractères en tout. Dans chaque strophe, les deux premiers vers riment sur le ton oblique, les deux derniers sur le ton plan :

平平仄仄平平仄,

平平仄仄平平仄。

仄仄仄平平,

仄平平仄平。

仄平平仄仄,

仄仄平平仄。

平仄仄平平,

平平平仄平。

平林漠漠烟如织,

寒山一带伤心碧。

暝色入高楼,

有人楼上愁。

玉阶空伫立,

宿鸟归飞急。

何处是归程?

长亭连短亭。

Li Bai (dynastie Tang, attribution traditionnelle)

Cet air change quatre fois de rime : la première strophe rime d’abord en oblique sur 织 (zhī) et 碧 (bì), puis passe en plan sur 楼 (lóu) et 愁 (chóu) ; la seconde prend un nouveau groupe oblique, 立 (lì) et 急 (jí), puis un nouveau groupe plan, 程 (chéng) et 亭 (tíng). Comme rimes obliques et rimes planes alternent, chaque changement saute aux yeux : le livre n’emploie donc que △ et ○, sans avoir besoin de ● ni de ▲. (织 et 急, aujourd’hui prononcés sur un ton plan, relevaient de l’ancien ton rentrant.)

Exemple 3 — Sao Di Wu : toujours des rimes obliques, mais un nouveau groupe en cours de route

Air double : deux strophes de sept vers chacune, cinquante-huit caractères en tout. Chaque vers rime, toujours sur le ton oblique ; dans chaque strophe, le deuxième vers reprend le caractère de rime du premier ; la seconde strophe passe à un autre groupe de rimes :

平仄仄,仄仄仄,

仄平仄平平仄仄。

平仄仄,平仄仄。

仄仄平平平仄仄,仄平仄。

仄仄仄,仄仄仄,

仄平仄平仄仄仄。

平仄仄,仄仄仄。

仄仄平平平仄仄,仄平仄。

酥点萼,玉碾萼,

点时碾时香雪薄。

才折得,春力弱。

半掩朱扉垂绣幕,怕吹落。

捻一晌,嗅一晌,

捻时嗅时宿酒忘。

春笋上,不忍放。

待对菱花斜插向,宝钗上。

Anonyme

La première strophe rime sur un groupe oblique — 萼 (è), 薄 (bó), 得 (dé), 弱 (ruò), 幕 (mù), 落 (luò) —, noté △ ; la seconde passe au groupe 晌 (shǎng), 忘 (wàng), 上 (shàng), 放 (fàng), 向 (xiàng), toujours oblique. À ne regarder que les tons, on ne verrait pas que la rime a changé : le livre emploie donc ▲ pour le signaler. De même, lorsqu’un ci entièrement rimé sur le ton plan change de groupe en cours de route, on emploie ●. Ce recueil compte lui aussi un poème sur l’air Sao Di Wu.

Chercher un cipai dans le Cipai shili

  • Trouver : les cipai y sont classés du plus court au plus long ; un index par nombre de traits, en fin de volume, donne la page à partir du nom de l’air. La liste des quatre cent vingt-deux cipai, au bas de cette page, suit elle aussi l’ordre du livre.
  • Lire : chaque cipai présente successivement ses autres noms, son origine, une description de sa forme (nombre de strophes, de vers et de caractères, vers qui riment, rime plane ou oblique), son schéma, et enfin un poème modèle, le plus souvent le plus ancien connu, suivi du nom de l’auteur entre parenthèses.
  • Utiliser : lire d’abord la description de la forme pour en avoir une idée d’ensemble ; regarder ensuite le schéma, en vérifiant caractère par caractère les tons et les signes de rime ; reprendre enfin le poème modèle pour voir sur quel caractère tombe chaque signe.
  • Compléter : un cipai a souvent plusieurs formes, et le livre n’en retient en général qu’une. Pour les autres, on consultera le Qinding cipu ou le Cilü.

Comment écrire un ci

Écrire un ci, c’est un peu chanter d’après une partition : la partition est fixée, mais l’émotion qu’on y met est la sienne. Voici, à grands traits, comment procéder pas à pas :

  1. Savoir ce que l’on veut écrire : l’événement à dire, l’émotion à transmettre.
  2. Choisir l’air : prendre un cipai dont la couleur s’accorde à l’émotion, ou dont le nom fait écho au sujet. Pour débuter, mieux vaut s’essayer aux petits airs, comme Shi Liu Zi Ling, Yi Jiang Nan, Ru Meng Ling, Chang Xiang Si, Huan Xi Sha ou Zhe Gu Tian.
  3. Trouver le schéma : chercher ce cipai dans un répertoire, comme le Qinding cipu, le Cilü ou le Cipai shili, en choisir une forme et en recopier le schéma.
  4. Lire des modèles : commencer par quelques poèmes célèbres écrits sur cet air, pour en sentir la syntaxe, les pauses et le tournant de la seconde strophe.
  5. Fixer la rime : choisir un groupe de rimes (ce recueil suit les treize ornières) et dresser d’abord la liste des caractères utilisables à la rime.
  6. Remplir selon le schéma : vérifier vers par vers les tons, en usant de la liberté là où plan et oblique sont tous deux admis ; mettre si possible le lingzi au ton partant ; faire coïncider les pauses avec celles du schéma.
  7. Relire : compter les caractères, vérifier les tons, contrôler les rimes et les changements de rime, s’assurer qu’aucun caractère de rime ne revient deux fois.
  8. Lire à voix haute : le ci était fait pour être chanté ; ce n’est que lorsqu’il coule bien en bouche et qu’il a du relief qu’il s’accorde vraiment à son air.

Bibliographie

Pour aller plus loin : le Qinding cipu (Répertoire impérial des airs du ci) ; le Cilü (Règles du ci) de Wan Shu ; le Cilin zhengyun (Rimes correctes pour le ci) de Ge Zai ; le Cipai shili (Les cipai expliqués par l’exemple) de Yan Jianwen ; le Tang Song ci gelü (Prosodie du ci des Tang et des Song) de Long Yusheng ; le Shici gelü (Prosodie de la poésie classique) de Wang Li ; le Cixue mingci shiyi (Lexique commenté des termes du ci) de Shi Zhecun.

Quatre cent vingt-deux cipai

Voici les quatre cent vingt-deux cipai recensés dans le Cipai shili compilé par Yan Jianwen, classés du plus court au plus long, des petits airs d’une quinzaine de caractères jusqu’aux deux cent quarante caractères de Ying Ti Xu. Les airs en couleur sont ceux qu’emploie ce recueil : il suffit de cliquer pour lire le poème correspondant.

  1. 竹枝词Zhu Zhi Ci
  2. 十六字令Shi Liu Zi Ling
  3. 闲中好Xian Zhong Hao
  4. 纥那曲He Na Qu
  5. 梧桐影Wu Tong Ying
  6. 拜新月Bai Xin Yue
  7. 罗唝曲Luo Hong Qu
  8. 醉妆词Zui Zhuang Ci
  9. 南歌子Nan Ge Zi
  10. 回波乐Hui Bo Yue
  11. 三台令San Tai Ling
  12. 舞马词Wu Ma Ci
  13. 晴偏好Qing Pian Hao
  14. 一点春Yi Dian Chun
  15. 塞姑Sai Gu
  16. 柘枝引Zhe Zhi Yin
  17. 花非花Hua Fei Hua
  18. 摘得新Zhai De Xin
  19. 渔歌子Yu Ge Zi
  20. 章台柳Zhang Tai Liu
  21. 潇湘神Xiao Xiang Shen
  22. 忆江南Yi Jiang Nan
  23. 赤枣子Chi Zao Zi
  24. 解红Jie Hong
  25. 捣练子Dao Lian Zi
  26. 桂殿秋Gui Dian Qiu
  27. 欸乃曲Ai Nai Qu
  28. 杨柳枝Yang Liu Zhi
  29. 金缕曲Jin Lü Qu
  30. 八拍蛮Ba Pai Man
  31. 春莺啭Chun Ying Zhuan
  32. 十样花Shi Yang Hua
  33. 小秦王Xiao Qin Wang
  34. 字字双Zi Zi Shuang
  35. 水调歌Shui Diao Ge
  36. 阿那曲E Nuo Qu
  37. 甘州曲Gan Zhou Qu
  38. 醉吟商Zui Yin Shang
  39. 干荷叶Gan He Ye
  40. 抛球乐Pao Qiu Yue
  41. 踏歌词Ta Ge Ci
  42. 江南春Jiang Nan Chun
  43. 法驾导引Fa Jia Dao Yin
  44. 蕃女怨Fan Nü Yuan
  45. 一叶落Yi Ye Luo
  46. 忆王孙Yi Wang Sun
  47. 金字经Jin Zi Jing
  48. 遐方怨Xia Fang Yuan
  49. 调笑令Tiao Xiao Ling
  50. 诉衷情Su Zhong Qing
  51. 如梦令Ru Meng Ling
  52. 西溪子Xi Xi Zi
  53. 天仙子Tian Xian Zi
  54. 定西番Ding Xi Fan
  55. 长相思Chang Xiang Si
  56. 思帝乡Si Di Xiang
  57. 何满子He Man Zi
  58. 风光好Feng Guang Hao
  59. 相见欢Xiang Jian Huan
  60. 误桃源Wu Tao Yuan
  61. 上行杯Shang Xing Bei
  62. 望梅花Wang Mei Hua
  63. 醉太平Zui Tai Ping
  64. 感恩多Gan En Duo
  65. 长命女Chang Ming Nü
  66. 怨回纥Yuan Hui He
  67. 酒泉子Jiu Quan Zi
  68. 生查子Sheng Zha Zi
  69. 醉公子Zui Gong Zi
  70. 蝴蝶儿Hu Die Er
  71. 春光好Chun Guang Hao
  72. 昭君怨Zhao Jun Yuan
  73. 女冠子Nü Guan Zi
  74. 纱窗恨Sha Chuang Hen
  75. 醉花间Zui Hua Jian
  76. 点绛唇Dian Jiang Chun
  77. 归国遥Gui Guo Yao
  78. 浣溪沙Huan Xi Sha
  79. 恋情深Lian Qing Shen
  80. 沙塞子Sha Sai Zi
  81. 水仙子Shui Xian Zi
  82. 清商怨Qing Shang Yuan
  83. 伤春怨Shang Chun Yuan
  84. 霜天晓角Shuang Tian Xiao Jiao
  85. 菩萨蛮Pu Sa Man
  86. 采桑子Cai Sang Zi
  87. 后庭花Hou Ting Hua
  88. 卜算子Bu Suan Zi
  89. 好时光Hao Shi Guang
  90. 谒金门Ye Jin Men
  91. 柳含烟Liu Han Yan
  92. 华清引Hua Qing Yin
  93. 天门谣Tian Men Yao
  94. 散余霞San Yu Xia
  95. 好事近Hao Shi Jin
  96. 清平乐Qing Ping Yue
  97. 忆秦娥Yi Qin E
  98. 更漏子Geng Lou Zi
  99. 巫山一段云Wu Shan Yi Duan Yun
  100. 望仙门Wang Xian Men
  101. 占春芳Zhan Chun Fang
  102. 朝天子Chao Tian Zi
  103. 落梅风Luo Mei Feng
  104. 江亭怨Jiang Ting Yuan
  105. 眉峰碧Mei Feng Bi
  106. 阮郎归Ruan Lang Gui
  107. 乌夜啼Wu Ye Ti
  108. 贺圣朝He Sheng Chao
  109. 喜迁莺Xi Qian Ying
  110. 珠帘卷Zhu Lian Juan
  111. 画堂春Hua Tang Chun
  112. 喜长新Xi Chang Xin
  113. 金盏子令Jin Zhan Zi Ling
  114. 谪仙怨Zhe Xian Yuan
  115. 三字令San Zi Ling
  116. 摊破浣溪沙Tan Po Huan Xi Sha
  117. 忆余杭Yi Yu Hang
  118. 撼庭秋Han Ting Qiu
  119. 洞天春Dong Tian Chun
  120. 人月圆Ren Yue Yuan
  121. 庆春时Qing Chun Shi
  122. 海棠春Hai Tang Chun
  123. 眼儿媚Yan Er Mei
  124. 双鸂鶒Shuang Xi Chi
  125. 伊州三台Yi Zhou San Tai
  126. 双头莲令Shuang Tou Lian Ling
  127. 梅弄影Mei Nong Ying
  128. 桃源忆故人Tao Yuan Yi Gu Ren
  129. 朝中措Chao Zhong Cuo
  130. 武陵春Wu Ling Chun
  131. 河渎神He Du Shen
  132. 双韵子Shuang Yun Zi
  133. 归去来Gui Qu Lai
  134. 醉乡春Zui Xiang Chun
  135. 极相思Ji Xiang Si
  136. 柳梢青Liu Shao Qing
  137. 荷叶杯He Ye Bei
  138. 满宫花Man Gong Hua
  139. 少年游Shao Nian You
  140. 滴滴金Di Di Jin
  141. 忆汉月Yi Han Yue
  142. 西江月Xi Jiang Yue
  143. 烛影摇红Zhu Ying Yao Hong
  144. 梁州令Liang Zhou Ling
  145. 盐角儿Yan Jiao Er
  146. 怨三三Yuan San San
  147. 四犯令Si Fan Ling
  148. 桂华明Gui Hua Ming
  149. 促拍采桑子Cu Pai Cai Sang Zi
  150. 折丹桂Zhe Dan Gui
  151. 城头月Cheng Tou Yue
  152. 花前饮Hua Qian Yin
  153. 破字令Po Zi Ling
  154. 导引Dao Yin
  155. 惜分飞Xi Fen Fei
  156. 思越人Si Yue Ren
  157. 探春令Tan Chun Ling
  158. 越江吟Yue Jiang Yin
  159. 燕归梁Yan Gui Liang
  160. 秋夜雨Qiu Ye Yu
  161. 伊州令Yi Zhou Ling
  162. 木笪Mu Da
  163. 醉红妆Zui Hong Zhuang
  164. 思远人Si Yuan Ren
  165. 望江东Wang Jiang Dong
  166. 倾杯令Qing Bei Ling
  167. 入塞Ru Sai
  168. 醉花阴Zui Hua Yin
  169. 浪淘沙Lang Tao Sha
  170. 金错刀Jin Cuo Dao
  171. 卖花声Mai Hua Sheng
  172. 天下乐Tian Xia Yue
  173. 江月晃重山Jiang Yue Huang Chong Shan
  174. 安阳好An Yang Hao
  175. 撷芳词Xie Fang Ci
  176. 鬓边华Bin Bian Hua
  177. 鹦鹉曲Ying Wu Qu
  178. 南乡一剪梅Nan Xiang Yi Jian Mei
  179. 一七令Yi Qi Ling
  180. 河传He Chuan
  181. 木兰花Mu Lan Hua
  182. 金莲绕凤楼Jin Lian Rao Feng Lou
  183. 夜行船Ye Xing Chuan
  184. 鹧鸪天Zhe Gu Tian
  185. 虞美人Yu Mei Ren
  186. 玉楼春Yu Lou Chun
  187. 瑞鹧鸪Rui Zhe Gu
  188. 市桥柳Shi Qiao Liu
  189. 翻香令Fan Xiang Ling
  190. 遍地锦Bian Di Jin
  191. 清江曲Qing Jiang Qu
  192. 楼上曲Lou Shang Qu
  193. 鹊桥仙Que Qiao Xian
  194. 南乡子Nan Xiang Zi
  195. 家山好Jia Shan Hao
  196. 夜游宫Ye You Gong
  197. 一斛珠Yi Hu Zhu
  198. 临江仙Lin Jiang Xian
  199. 踏莎行Ta Suo Xing
  200. 倚西楼Yi Xi Lou
  201. 扫地舞Sao Di Wu
  202. 小重山Xiao Chong Shan
  203. 蝶恋花Die Lian Hua
  204. 寿山曲Shou Shan Qu
  205. 荷华媚He Hua Mei
  206. 黄金缕Huang Jin Lü
  207. 一剪梅Yi Jian Mei
  208. 寻梅Xun Mei
  209. 锦帐春Jin Zhang Chun
  210. 钗头凤Chai Tou Feng
  211. 南楼令Nan Lou Ling
  212. 后庭宴Hou Ting Yan
  213. 定风波Ding Feng Bo
  214. 渔家傲Yu Jia Ao
  215. 破阵子Po Zhen Zi
  216. 苏幕遮Su Mu Zhe
  217. 金蕉叶Jin Jiao Ye
  218. 明月逐人来Ming Yue Zhu Ren Lai
  219. 甘州遍Gan Zhou Bian
  220. 别怨Bie Yuan
  221. 怜薄命Lian Bo Ming
  222. 麦秀两歧Mai Xiu Liang Qi
  223. 酷相思Ku Xiang Si
  224. 解佩令Jie Pei Ling
  225. 谢池春Xie Chi Chun
  226. 玉梅令Yu Mei Ling
  227. 行香子Xing Xiang Zi
  228. 感皇恩Gan Huang En
  229. 青玉案Qing Yu An
  230. 钿带长中腔Dian Dai Chang Zhong Qiang
  231. 三奠子San Dian Zi
  232. 看花回Kan Hua Hui
  233. 拾翠羽Shi Cui Yu
  234. 连理枝Lian Li Zhi
  235. 江城子Jiang Cheng Zi
  236. 小镇西犯Xiao Zhen Xi Fan
  237. 三登乐San Deng Yue
  238. 卓牌子近Zhuo Pai Zi Jin
  239. 檐前铁Yan Qian Tie
  240. 千秋岁Qian Qiu Sui
  241. 粉蝶儿Fen Die Er
  242. 师师令Shi Shi Ling
  243. 郭郎儿近拍Guo Lang Er Jin Pai
  244. 隔浦莲近拍Ge Pu Lian Jin Pai
  245. 百媚娘Bai Mei Niang
  246. 风入松Feng Ru Song
  247. 传言玉女Chuan Yan Yu Nü
  248. 越溪春Yue Xi Chun
  249. 下水船Xia Shui Chuan
  250. 扑蝴蝶Pu Hu Die
  251. 荔枝香Li Zhi Xiang
  252. 婆罗门引Po Luo Men Yin
  253. 韵令Yun Ling
  254. 春声碎Chun Sheng Sui
  255. 御街行Yu Jie Xing
  256. 离亭宴Li Ting Yan
  257. 侧犯Ce Fan
  258. 祝英台近Zhu Ying Tai Jin
  259. 阳关引Yang Guan Yin
  260. 一丛花Yi Cong Hua
  261. 安公子An Gong Zi
  262. 金人捧露盘Jin Ren Peng Lu Pan
  263. 拂霓裳Fu Ni Chang
  264. 柳腰轻Liu Yao Qing
  265. 南州春色Nan Zhou Chun Se
  266. 蓦山溪Mo Shan Xi
  267. 洞仙歌Dong Xian Ge
  268. 秋夜月Qiu Ye Yue
  269. 踏青游Ta Qing You
  270. 华胥引Hua Xu Yin
  271. 江城梅花引Jiang Cheng Mei Hua Yin
  272. 劝金船Quan Jin Chuan
  273. 醉思仙Zui Si Xian
  274. 惜红衣Xi Hong Yi
  275. 石湖仙Shi Hu Xian
  276. 鱼游春水Yu You Chun Shui
  277. 醉翁操Zui Weng Cao
  278. 塞翁吟Sai Weng Yin
  279. 法曲献仙音Fa Qu Xian Xian Yin
  280. 露华Lu Hua
  281. 薄媚摘遍Bo Mei Zhai Bian
  282. 东风齐着力Dong Feng Qi Zhuo Li
  283. 满江红Man Jiang Hong
  284. 四犯剪梅花Si Fan Jian Mei Hua
  285. 凄凉犯Qi Liang Fan
  286. 高平探芳新Gao Ping Tan Fang Xin
  287. 六幺令Liu Yao Ling
  288. 芙蓉月Fu Rong Yue
  289. 玉漏迟Yu Lou Chi
  290. 水调歌头Shui Diao Ge Tou
  291. 满庭芳Man Ting Fang
  292. 扫地游Sao Di You
  293. 白雪Bai Xue
  294. 二色莲Er Se Lian
  295. 双瑞莲Shuang Rui Lian
  296. 徵招Zhi Shao
  297. 凤凰台上忆吹箫Feng Huang Tai Shang Yi Chui Xiao
  298. 骤雨打新荷Zhou Yu Da Xin He
  299. 黄莺儿Huang Ying Er
  300. 熙州慢Xi Zhou Man
  301. 天香Tian Xiang
  302. 汉宫春Han Gong Chun
  303. 剑器近Jian Qi Jin
  304. 早梅香Zao Mei Xiang
  305. 八声甘州Ba Sheng Gan Zhou
  306. 醉蓬莱Zui Peng Lai
  307. 夜合花Ye He Hua
  308. 夏初临Xia Chu Lin
  309. 长亭怨慢Chang Ting Yuan Man
  310. 暗香An Xiang
  311. 被花恼Bei Hua Nao
  312. 松梢月Song Shao Yue
  313. 梦芙蓉Meng Fu Rong
  314. 玉京谣Yu Jing Yao
  315. 绿盖舞风轻Lü Gai Wu Feng Qing
  316. 采明珠Cai Ming Zhu
  317. 声声慢Sheng Sheng Man
  318. 燕春台Yan Chun Tai
  319. 黄河清慢Huang He Qing Man
  320. 并蒂芙蓉Bing Di Fu Rong
  321. 扬州慢Yang Zhou Man
  322. 双双燕Shuang Shuang Yan
  323. 舞杨花Wu Yang Hua
  324. 万年欢Wan Nian Huan
  325. 陌上花Mo Shang Hua
  326. 宴山亭Yan Shan Ting
  327. 三部乐San Bu Yue
  328. 梦扬州Meng Yang Zhou
  329. 琐窗寒Suo Chuang Han
  330. 月下笛Yue Xia Di
  331. 丁香结Ding Xiang Jie
  332. 聒龙谣Guo Long Yao
  333. 十月桃Shi Yue Tao
  334. 催雪Cui Xue
  335. 蜀溪春Shu Xi Chun
  336. 念奴娇Nian Nu Jiao
  337. 解语花Jie Yu Hua
  338. 垂杨Chui Yang
  339. 八音谐Ba Yin Xie
  340. 大椿Da Chun
  341. 采绿吟Cai Lü Yin
  342. 惜寒梅Xi Han Mei
  343. 高阳台Gao Yang Tai
  344. 渡江云Du Jiang Yun
  345. 东风第一枝Dong Feng Di Yi Zhi
  346. 剪牡丹Jian Mu Dan
  347. 喜朝天Xi Chao Tian
  348. 玉烛新Yu Zhu Xin
  349. 翠楼吟Cui Lou Yin
  350. 湘月Xiang Yue
  351. 霓裳中序第一Ni Chang Zhong Xu Di Yi
  352. 疏帘淡月Shu Lian Dan Yue
  353. 花发状元红慢Hua Fa Zhuang Yuan Hong Man
  354. 水龙吟Shui Long Yin
  355. 台城路Tai Cheng Lu
  356. 宴清都Yan Qing Dou
  357. 曲游春Qu You Chun
  358. 湘春夜月Xiang Chun Ye Yue
  359. 恋芳春慢Lian Fang Chun Man
  360. 石州慢Shi Zhou Man
  361. 瑞鹤仙Rui He Xian
  362. 雨霖铃Yu Lin Ling
  363. 还京乐Huan Jing Yue
  364. 探春慢Tan Chun Man
  365. 升平乐Sheng Ping Yue
  366. 眉妩Mei Wu
  367. 二郎神Er Lang Shen
  368. 倾杯乐Qing Bei Yue
  369. 永遇乐Yong Yu Yue
  370. 惜余欢Xi Yu Huan
  371. 拜星月慢Bai Xing Yue Man
  372. 绮罗香Qi Luo Xiang
  373. 南浦Nan Pu
  374. 宴琼林Yan Qiong Lin
  375. 霜花腴Shuang Hua Yu
  376. 澡兰香Zao Lan Xiang
  377. 向湖边Xiang Hu Bian
  378. 送我入门来Song Wo Ru Men Lai
  379. 绕池游慢Rao Chi You Man
  380. 曲玉管Qu Yu Guan
  381. 西河Xi He
  382. 秋霁Qiu Ji
  383. 暗香疏影An Xiang Shu Ying
  384. 清风八咏楼Qing Feng Ba Yong Lou
  385. 望远行Wang Yuan Xing
  386. 泛清波摘遍Fan Qing Bo Zhai Bian
  387. 解连环Jie Lian Huan
  388. 夜飞鹊Ye Fei Que
  389. 望海潮Wang Hai Chao
  390. 角招Jue Shao
  391. 泛清苕Fan Qing Tiao
  392. 折红梅Zhe Hong Mei
  393. 一萼红Yi E Hong
  394. 无愁可解Wu Chou Ke Jie
  395. 杜韦娘Du Wei Niang
  396. 过秦楼Guo Qin Lou
  397. 风流子Feng Liu Zi
  398. 疏影Shu Ying
  399. 高山流水Gao Shan Liu Shui
  400. 斗婵娟Dou Chan Juan
  401. 惜余春慢Xi Yu Chun Man
  402. 期夜月Qi Ye Yue
  403. 沁园春Qin Yuan Chun
  404. 紫萸香慢Zi Yu Xiang Man
  405. 摸鱼儿Mo Yu Er
  406. 贺新郎He Xin Lang
  407. 吊严陵Diao Yan Ling
  408. 金明池Jin Ming Chi
  409. 画屏秋色Hua Ping Qiu Se
  410. 白苎Bai Zhu
  411. 春雪间早梅Chun Xue Jian Zao Mei
  412. 兰陵王Lan Ling Wang
  413. 破阵乐Po Zhen Yue
  414. 大酺Da Pu
  415. 多丽Duo Li
  416. 六丑Liu Chou
  417. 六州歌头Liu Zhou Ge Tou
  418. 夜半乐Ye Ban Yue
  419. 穆护砂Mu Hu Sha
  420. 三台San Tai
  421. 哨遍Shao Bian
  422. 莺啼序Ying Ti Xu